Faut-il craindre un marché d’Halloween ?

10-28-2019
Faut-il craindre un marché d’Halloween ?

Alors que les tensions géopolitiques montent, les investisseurs se tournent vers les Halloweens préc

 

Beaucoup de gens dans le monde soulignent l’Halloween au mois d’octobre, fête qui célèbre tout ce qui est effrayant et macabre. Mes enfants ont tous été captivés par l’Halloween; ils choisissaient leurs costumes plusieurs mois à l’avance (une année, mon fils aîné a même insisté pour porter son costume tous les jours du mois d’octobre). Et, beaucoup d’adultes qui ont passé l’âge de ramasser des bonbons pensent encore qu’octobre serait incomplet sans les films d’horreur qui se succèdent tout au long du mois. Que vous célébriez avec de jolis costumes d’enfants ou en visitant des maisons hantées, ce qui rend l’Halloween amusant, c’est de savoir que ce n’est qu’un jeu.

Octobre est perçu comme un mois effrayant pour les marchés boursiers aussi. Après tout, quelques-uns des plus gros krachs boursiers sont survenus en octobre, comme la Panique bancaire américaine de 1907, le krach de 1929 et le krach de 1987. Nous avons même assisté à un repli marqué pas plus tard qu’en octobre dernier. Pourtant, en examinant les statistiques, on constate que le mois d’octobre n’est pas le pire mois de l’histoire pour les rendements boursiers. Ce phénomène de finance comportementale a même un nom, on l’appelle « l’effet d’octobre ».

Investopedia décrit ce phénomène comme « une anomalie perçue du marché, selon laquelle les cours boursiers ont tendance à chuter au mois d’octobre ». Or, ce n’est qu’une perception qui ne correspond pas à la réalité. Comme le dit la définition, « l’effet d’octobre est considéré principalement comme une attente psychologique, plutôt que comme un phénomène réel, car la plupart des statistiques vont à l’encontre de cette théorie ».

Pourtant, lors de mes récents échanges avec les clients, j’ai senti une vive inquiétude à l’égard du mois d’octobre de cette année, en raison de l’incertitude associée à de nombreux enjeux. Bien que les marchés boursiers aient enregistré des gains depuis le début du mois (l’indice MSCI monde est en hausse de 0,7 % et l’indice S&P 500 de 0,32 % entre le 1er et le 18 octobre)1, les clients semblent toujours attendre la catastrophe anticipée.

Cette semaine, j’ai pensé qu’il serait thérapeutique d’affronter ces peurs. Qu’est-ce qui effraye les investisseurs aujourd’hui et quelles sont les probabilités que ces enjeux provoquent un repli d’ici l’Halloween?

Voici cinq enjeux qui risquent d’effrayer les investisseurs en octobre

1. Détérioration des statistiques de la Chine. Le taux de croissance annualisé du produit intérieur brut (PIB) pour le troisième trimestre se chiffre à 6,0 % (par rapport à 6,2 % pour le deuxième trimestre).2 C’est le taux de croissance le plus faible en plus de deux décennies. Cela pourrait être très préoccupant pour les marchés. C’est d’autant plus inquiétant qu’un ralentissement en Chine entraîne généralement un ralentissement en Europe et parfois même à l’échelle mondiale. Cependant, même si ces données inquiètent les investisseurs, je pense que ce sera de très courte durée. Après tout, un taux de croissance du PIB de 6 % n’est pas à dédaigner et se situe dans le bas de la fourchette cible de la Chine pour 2019. Sachez que certaines prévisions de croissance du PIB ont été révisées à la baisse à 5,9% en rythme annualisé pour le quatrième trimestre. Cela étant dit, je crois que la Chine va travailler fort pour atteindre sa cible de 6 %. Le premier ministre chinois, Li Keqiang, qui est techniquement responsable de l’économie, a encouragé les responsables des gouvernements régionaux à adopter des mesures de relance à l’échelle locale. Il a dit aux autorités locales qu’elles doivent « insister sur le sentiment d’urgence et sur la responsabilité » pour assurer une croissance économique stable et « accorder plus de place à la croissance » dans leur plan de travail, selon une déclaration publiée le 14 octobre sur le site Web du gouvernement.3

2. État des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Il y a déjà un fossé qui sépare ce que les États-Unis et la Chine croient à propos de la phase un des négociations commerciales. À mon avis, cela signifie qu’il y a une plus forte probabilité que les négociations soient rompues éventuellement. On connaît aussi le pouvoir que l’actualité entourant les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine a sur le rendement des marchés boursiers. Cependant, j’espère que les investisseurs ne réagiront pas de façon exagérée aux nouvelles sur les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, car je crois qu’il y aura des hauts et des bas et qu’il ne faut pas s’attendre à une résolution de la guerre commerciale dans un proche avenir.

3. Détérioration des statistiques économiques américaines. La semaine dernière, les statistiques économiques américaines ont déçu. En septembre, les ventes au détail ont diminué de 0,3 % par rapport au mois précédent, alors qu’on anticipait une hausse de 0,3 %.4 De plus, en septembre, la production industrielle a reculé de 0,4 %.5 Étant donné que quelques points de données ne suffisent pas à déceler une tendance, nous allons suivre de près les statistiques économiques américaines. Bien que le taux d’emploi soit élevé, de nombreux consommateurs sont vulnérables à un ralentissement économique, car ils ne disposent pas de suffisamment d’épargne. Par exemple, un récent sondage a révélé que 60 % des Américains n’ont pas assez d’épargne pour absorber une dépense imprévue de 1 000 $, qu’il s’agisse d’une visite à l’urgence ou d’une réparation de voiture.6 Cependant, je crois que les statistiques économiques vont demeurer relativement bonnes à court terme et que toute donnée économique négative pourrait être traitée de manière positive, dans la mesure où elle augmenterait la probabilité que la Fed se montre plus accommodante.

4. Réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) les 29 et 30 octobre. En octobre dernier, les remarques bellicistes du président du conseil de la Fed, Jay Powell, ont contribué à provoquer un repli boursier. Par conséquent, il va de soi qu’une décision de taux impopulaire ou simplement des propos bellicistes du président de la Fed pourraient suffire à provoquer un nouveau repli ce mois-ci. Cependant, je crois que c’est peu probable, parce que je m’attends à ce que la Fed soit extrêmement prudente dans ses formulations à sa conférence de presse, afin d’éviter une telle situation.

5. Perturbations géopolitiques. L’agitation politique dans diverses régions du monde occasionnée par le Brexit et les manifestations à Hong Kong pourrait également inquiéter les investisseurs. Comme les marchés sont devenus insensibles à la plupart des turbulences géopolitiques, à moins d’une situation extrêmement inhabituelle, je m’attends à ce que ce genre d’événements ait peu ou pas d’incidence sur les marchés boursiers.

En résumé, je peux comprendre que les investisseurs soient inquiets en ce mois d’octobre mais, pour le moment, il me semble peu probable que cette appréhension se transforme en un véritable repli boursier. À l’Halloween cette année, je m’attends à ce que les plus grandes frayeurs viennent des maisons hantées et des films d’horreur, pas des marchés boursiers.

Kristina Hooper est stratège des marchés mondiaux à Invesco. Cet article est paru initialement sur le blogue Invesco.

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Renseignements importants

1. Source : Bloomberg, L.P.
2. Source : Bureau national des statistiques de Chine
3. Source : South China Morning Post, « China’s economy cause of growing concern in Beijing as U.S.-China trade war takes toll on growth », 15 oct. 2019
4. Source : Département du Commerce des États-Unis
5. Source : Réserve fédérale américaine
6. Source : Bankrate, janvier 2019

L’indice MSCI Monde est un indice non géré considéré comme étant représentatif des actions des pays développés.

L’indice S&P 500® est un indice non géré considéré comme étant représentatif du marché boursier américain.

Le produit intérieur brut est un indicateur général de l’activité économique d’une région. Il mesure la valeur monétaire de tous les produits finis et services produits dans cette région au cours d’une période donnée.

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