Les investisseurs obligataires devront faire preuve de patience

09-12-2022
Les investisseurs obligataires devront faire preuve de patience

Les taux élevés peuvent ne pas être “transitoires”

 

Les marchés baissiers génèrent toujours un flot de questions similaires. Quand allons-nous toucher le fond ? Est-ce le bon moment pour acheter ? Est-il trop tard pour vendre ? Et maintenant, avec la hausse constante des taux d’intérêt (la Banque du Canada a encore augmenté son taux directeur de 75 points de base la semaine dernière), encore plus de questions sur les titres à revenu fixe.

La réponse à la première question est que personne ne le sait. Un creux de marché ne peut être déterminé que de manière rétrospective. Quiconque prétend être capable d’annoncer avec précision un tournant est soit un charlatan, soit un imbécile.

La réponse à la deuxième question est que c’est toujours le bon moment pour acheter des actions de sociétés de haute qualité qui versent des dividendes. Elles peuvent être moins chères certains jours que d’autres, mais à long terme, leur prix augmentera et vous bénéficierez du flux de trésorerie régulier que tous les investisseurs à revenu recherchent.

Quant à la vente, vous ne devriez jamais vous débarrasser des types de sociétés que je viens de décrire. Les bons titres à dividendes sont les joyaux du marché boursier. N’envisagez pas de vous en défaire. Si vous détenez des titres de pacotille, c’est une autre histoire. Ces titres ne se redresseront probablement pas, même lorsque le marché rebondira, alors autant prendre vos pertes et en tirer des leçons.

Jusqu’à présent, je n’ai parlé que des actions. Mais maintenant, je reçois des questions que je vois rarement.

“Merci pour les conseils de sagesse en ces temps de folie. Est-il temps de se replonger dans les obligations (avec les rumeurs de récession)?” - Michael H.

“Il y a plusieurs mois, vous avez publié une excellente note sur les obligations. Vous avez indiqué que ce n’était pas le moment de placer de l’argent dans ces titres, mais que le moment serait opportun à un moment donné. Je ne comprends pas bien les obligations, mais avec la hausse des taux d’intérêt, elles rapportent davantage et leur prix d’achat est également plus bas. Est-ce le moment de les considérer et, si oui, quelle est la bonne façon de procéder pour l’investisseur moyen?” - Rich G.

Cela fait de nombreuses années que je n’ai pas reçu de questions de ce type, car les taux d’intérêt ont eu tendance à baisser pendant la majeure partie des 40 dernières années. Mais ces lecteurs sont sur la bonne piste. Le moment viendra où les investissements obligataires offriront la possibilité de réaliser de riches gains en capital. Mais ce n’est pas encore le cas.  

L’an dernier, la Banque du Canada et la Réserve Fédérale Américaine ont toutes deux qualifié l’inflation de “transitoire” à plusieurs reprises. Il s’avère que la hausse du coûts de vie est si profondément ancrée dans l’économie que les banques centrales ont eu recours à des hausses de taux massives pour tenter de faire reculer l’IPC.

Nous pouvons être tentés de penser que ces taux plus élevés sont également transitoires. L’histoire suggère qu’ils ne le sont peut-être pas.  

Voici où nous en sommes. À la clôture le 15 juillet, l’indice obligataire universel FTSE Canada était en baisse de 11,76 % depuis le début de l’année. Il s’agit d’une baisse considérable pour un indice composé d’un large éventail d’obligations Canadiennes, dont une grande proportion d’émissions à court terme et à faible risque.

Baisse des obligations

Les obligations à long terme ont été complètement détruites, avec une baisse de 20,96 % depuis le début de l’année. Les obligations à rendement réel, qui sont censées vous protéger de l’inflation, ont perdu 15,91 %. Il n’y a pas de cachette pour les investisseurs obligataires en ce moment. Même l’indice des obligations à court terme est en baisse de 4,29 % cette année.

Ce carnage devrait se poursuivre pendant un certain temps. Les banques centrales devraient continuer à relever les taux d’intérêt de manière agressive jusqu’à la fin de l’année afin d’empêcher l’inflation de devenir plus ancrée qu’elle ne l’est déjà.

La théorie qui sous-tend les taux d’intérêt élevés est qu’ils vont étouffer la demande. Le coût de l’emprunt découragera les consommateurs de demander un prêt hypothécaire ou d’acheter des articles coûteux comme des voitures. Les entreprises réduiront leurs commandes de nouveaux équipements. La réduction de la demande incitera les vendeurs à baisser les prix pour attirer les clients, ce qui fera baisser le taux d’inflation.

C’est la théorie, et elle fonctionne généralement (dans le cas contraire, nous risquons l’hyperinflation, où la valeur de la monnaie fiduciaire tombe presque à zéro). L’inconnue est de savoir combien de temps cela prendra et à quel niveau les taux d’intérêt devront évoluer pour atteindre cet objectif.

Si vous êtes un emprunteur, vous feriez mieux de vous asseoir pour lire ceci. À l’époque de la dernière grande poussée d’inflation, à la fin des années 70 et au début des années 80, la Banque du Canada a porté son taux de financement à un jour à près de 20 % en juillet 1981, contre 4,5 % en janvier 1973. Ce n’est qu’au milieu de 1993 que le taux est redescendu aux alentours de 4,5 %. Cela fait 20 ans.  

Je ne cherche pas à être alarmiste, mais ce sont les faits. Nous savons par expérience qu’il est possible d’endurer des décennies de taux d’intérêt élevés si l’inflation n’est pas maîtrisée. Si nous pensons que les augmentations appliquées aujourd’hui sont élevées, regardez ce qui s’est passé il y a presque un demi-siècle.

Des opportunités...mais pas encore

Pour revenir aux questions de nos lecteurs, oui, il y aura des occasions de réaliser des gains en capital importants sur le marché obligataire lorsque les taux seront proches ou à leur sommet. Je l’ai fait moi-même au début des années 1980 en investissant massivement dans des obligations à coupons détachés à long terme du Gouvernement du Canada. Je pariais contre l’hyperinflation et en faveur d’un retour à des taux plus bas. Cela s’est avéré être la bonne décision.

Pour autant que je sache, il n’existe pas de FNB Canadien spécialisé dans les obligations coupons détachés. (J’ai acheté les miennes directement auprès de mon courtier en 1982.) Mais je ne serais pas surpris de voir apparaître un ou plusieurs fonds de ce type si les taux d’intérêt continuent d’augmenter pendant une période prolongée.  

Il en existe quelques-uns aux États-Unis. L’un d’eux est le iShares 25+ Year Treasury STRIPS Bond ETF (BZX: GOVZ). Il cherche à suivre les résultats de placement d’un indice composé des paiements de capital d’obligations du Trésor Américain dont l’échéance restante est d’au moins 25 ans. Comme il s’agit de titres à capital unique, ils ne portent aucun intérêt. Votre gain est constitué par les gains en capital générés par les obligations du portefeuille.

Comme vous pouvez l’imaginer, cette année a été difficile pour ce nouveau fonds (lancé en septembre 2020). Au 15 juillet, il était en baisse de 27,81 % depuis le début de l’année. Tant que les taux continueront à grimper, cette tendance à la baisse se poursuivra probablement. Mais lorsque les taux redescendront, ce fonds affichera d’énormes gains.

Alors, mettez-le sur votre liste de surveillance. Mais n’oubliez pas qu’il faudra peut-être des mois, voire des années, avant que le retournement ne se produise.

M. Gordon Pape fait partie des experts en investissement et des commentateurs de finances personnelles les plus connus du Canada. Il est l’éditeur des bulletins d’information The Internet Wealth Builder et The Income Investor qui sont disponibles à travers le site Web Building Wealth.

Suivez Gordon Pape sur Twitter à l’adresse https://twitter.com/GPUpdates et sur Facebook à l’adresse www.facebook.com/GordonPapeMoney.

Remarques et clauses de non-responsabilité

Contenu © 2022 par Gordon Pape Enterprises. Tous droits réservés. Reproduction autorisée. Ce qui précède est à des fins d’information générale uniquement et n’engage que l’opinion de l’auteur. Les titres mentionnés présentent un risque de perte et aucune garantie de performance n’est établie ou implicite. Ces informations ne visent pas à fournir des conseils personnalisés spécifiques, y compris, mais sans s’y limiter, des conseils en placement, financiers, juridiques, comptables ou fiscaux. Demandez toujours conseil à votre propre conseiller financier avant de prendre des décisions en matière d’investissement.