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Qu’est-ce qui pousse les marchés mondiaux à la hausse?

Publié le 06-10-2024

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Les attentes de baisse des taux d’intérêt stimulent la confiance

 

La hausse actuelle des marchés boursiers mondiaux est alimentée principalement par la conviction que la Réserve fédérale américaine (Fed) a enfin terminé de relever ses taux et qu’elle se dirige lentement vers une réduction de taux plus tard cette année alimente la présente remontée. Certes, les investisseurs devraient maintenant savoir que cela n’est pas une garantie. Il ne s’agit pas non plus d’un catalyseur, compte tenu des attentes qui prévalaient il y a quelques mois à peine.

En fait, si vous vous souvenez bien, de nombreux prévisionnistes – mais pas nous – avaient présumé que la Fed décréterait six ou sept baisses de taux au cours de l’année et que la période des relèvements de taux était révolue. Or, ces prévisions ne se sont pas concrétisées, loin de là. De plus, même si les marchés boursiers mondiaux ont poursuivi leur ascension initiale, les investisseurs s’adaptant au fait que la Fed ait adopté une orientation moins accommodante que prévu, il y avait une limite à ce qu’ils étaient prêts à accepter.

Le repli d’avril a été provoqué, plus particulièrement, par de nouvelles craintes que la Fed décide finalement de ne pas réduire ses taux cette année et qu’elle soit même obligée de les relever pour tenter à nouveau de contenir l’inflation obstinément élevée aux États-Unis, taux qui est maintenant supérieur à ce qu’il était à la fin de l’année dernière, après deux hausses mensuelles consécutives (en février et en mars).

Le président de la Fed, Jerome Powell, a réagi en minimisant la possibilité d’autres relèvements de taux, déclarant qu’un tel résultat était « très peu probable » au cours de la conférence de presse qui a suivi l’annonce de la décision du Comité de l’open market (FOMC) au début de mai. Cette déclaration a eu pour effet d’apaiser les craintes des investisseurs et de donner un second souffle à la remontée des marchés boursiers mondiaux, qui commençait déjà à s’accélérer.

Le taux d’inflation mondial légèrement à la baisse

La cerise sur le gâteau, pour ainsi dire, a été la publication plus tôt ce mois-ci du taux d’inflation global pour avril, qui a fléchi de 3,5 % à 3,4 %. De plus, les ventes au détail ont considérablement diminué, ce qui semble indiquer un ralentissement de la consommation qui pourrait faire obstacle à toute nouvelle hausse des prix. Ensemble, ces données ajoutent foi aux propos tenus par Powell quant à l’improbabilité d’un relèvement de taux à ce stade-ci du cycle, mais elles ont également ravivé la probabilité d’au moins une réduction de taux, voire plus, avant la fin de 2024.

Ainsi, bien que la Fed n’ait pas répondu aux attentes initiales des investisseurs et que ceux-ci aient parfois eu du mal à accepter cette réalité, ils semblent largement satisfaits de la perspective plus réaliste qui se dessine. En effet, même la récente publication du procès-verbal de la réunion de mai du FOMC, qui montre que certains participants de la Fed sont disposés « à resserrer la politique si de nouveaux risques d’inflation se matérialisent », n’a pas empêché des indices de référence comme le S&P 500 à poursuivre leur ascension.

Y a-t-il d’autres facteurs qui permettent aux investisseurs de voir encore la politique de la Fed comme un « verre à moitié plein » en ce qui concerne les marchés boursiers? Ce n’est pas comme si les investisseurs avaient simplement maintenu le cap. Comme nous l’avons vu, un repli est survenu en avril et l’ampleur des rendements du marché a diminué par la suite, comme ce fut le cas pendant de longues périodes de l’année dernière, lorsque les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière ont enregistré des rendements nettement supérieurs à ceux des indices équipondérés. Et nous pensons que cet effet d’éviction pourrait durer jusqu’à ce que les investisseurs soient davantage rassurés en ce qui a trait aux réductions de taux et à l’économie en général. Après tout, dans ce contexte, les investisseurs préfèrent généralement investir dans des titres qui résistent mieux aux fluctuations de l’activité économique que dans des secteurs ou des titres qui ont tendance à tirer davantage profit des périodes de vigueur et de certitude économiques.

Les bénéfices renforcent la remontée

Cela dit, il ne fait aucun doute qu’une autre période de publication de solides résultats a contribué à cette nouvelle remontée. En date de la semaine dernière, 78 % des sociétés de l’indice S&P 500 avaient déclaré des bénéfices par action plus élevés que prévu – une proportion qui dépasse la moyenne sur 5 ans de 77 % et la moyenne sur 10 ans de 74 %, selon les données de Factset. De plus, les bénéfices déclarés ont surpassé de 7,5 % les prévisions, ce qui est inférieur à la moyenne sur 5 ans, mais supérieur à celle sur 10 ans, qui est de 6,7 %.

Il ne faut pas sous-estimer par ailleurs la puissance de l’impulsion qu’une remontée des marchés peut donner aux cours des actions. La participation des investisseurs individuels, en particulier, a augmenté sensiblement ces dernières semaines, ce qui indique que ces investisseurs ont davantage confiance dans les perspectives des actions mondiales, surtout compte tenu de l’évolution favorable depuis la fin d’octobre et de la « crainte de rater une occasion » qui peut en résulter.

Implications pour les placements

En fin de compte, il se peut que la voie à suivre par les investisseurs ne soit pas aussi claire que la remontée actuelle le laisse entrevoir. Il suffirait que l’inflation augmente ou qu’elle ne diminue pas assez rapidement pour que le marché recommence à vaciller ou qu’une nouvelle donnée économique vienne remettre en question l’idée que la Fed a fini de relever les taux et qu’elle devrait les réduire au cours de l’année. Cela vaut non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour d’autres pays comme le Canada, où la Banque du Canada a annoncé une réduction de taux de 25 points de base le 5 juin, la première en plus de deux ans. D'autres réductions pourraient être proches, mais elles dépendent encore largement de la poursuite de la baisse de l'inflation.

En outre, les investisseurs ne doivent pas perdre de vue certains risques géopolitiques ni l’élection américaine de novembre, qui pourraient perturber les marchés et se répercuter sur la politique de la Fed.

Dans le meilleur des cas, nous pensons que les marchés boursiers mondiaux offrent encore un potentiel de hausse, mais que cette progression ne se fera probablement pas de manière ininterrompue ni au même rythme effréné que celui observé au cours des six derniers mois.

Kevin McCreadie est chef de la direction et chef des investissements de La Société de Gestion AGF Limitée.

Remarques et avis de non-responsabilité

© 2024 par AGF Ltée. Cet article a paru pour la première fois dans Les commentaires que renferme le présent document sont fournis à titre de renseignements d’ordre général et sont fondés sur de l’information disponible au 24 mai 2024. Ils ne devraient pas être considérés comme des conseils en matière de placement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières. Nous avons pris les mesures nécessaires pour nous assurer de l’exactitude de ces commentaires au moment de leur publication, mais cette exactitude n’est pas garantie. Les conditions du marché peuvent influer sur les décisions de placement découlant de l’utilisation ou prises sur la foi des renseignements contenus dans cet article. Nous invitons les investisseurs à consulter un professionnel des placements.

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Image: iStock.com/bluebay2014

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